
Nous vivons dans un monde de contradictions. La technologie est là pour
améliorer les choses, pour faire évoluer le monde, pour en faire un meilleur endroit où y vivre.
Mais simultanément, elle peut avoir cette fâcheuse tendance à détruire ces propre créations ou celles de la nature. Et pourquoi cela? Parce que l'homme se comporte comme un enfant lorsqu' il a envie de quelque chose de nouveau. Il ne réfléchit pas beaucoup, ou même pas du tout, il se contente simplement de foncer, sans se pré-occuper des possibles conséquences. En général il ne réagit que lorsqu'il se retrouve confronter à des problèmes, qu'il aurait pût anticiper, s'il n'était pas si impulsif. Et bien souvent cette prise de conscience n'arrive malheureusement que trop tard. Les exemples sont multiples, mais le meilleur étant bien évidement le réchauffement climatique. Maintenant qu'un processus apparement irréversible est enclenché, les gens se sentent concernés.
Enfin bref, nous sommes là pour parler de photographie. Elle n'est pas en forme, elle souffre, une partie d'elle est en train de mourrir. La révolution du numérique à des répercussions énormes et irréversibles sur la photographie argentique, la "vraie" photographie. Quel sera son intéret quand son aspect organique aura disparu? Parce que le processus est plus qu'en marche. La production de nombreuses péllicules, papiers et chimies à été arrêtée, de grandes marques ferme les portes, de nombreux services jadis très courants ne sont plus offert par les laboratoires proffessionels, et le savoir-faire est en train de se perdre.
L'aspect critique de tout cela est qu'une fois que les choses ont disparues, c'est pour toujours, il n'y aura pas de retour en arrière possible.
Bien que la photographie numérique se développe et s'amméliore constament, elle ne permettra jamais de complètement reproduire les choses possibles avec la photographie argentique. Aucun logiciel ou plugin ne pourra jamais remplacer la magie du travail commun de la lumière avec la chimie photographique. C'est quelque chose de différent. La photographie est belle parce qu'elle est organique, "vivante". Imaginez un monde où vous ne trouveriez que des produits alimentaires industriels, sans aucun produits frais et naturels, sans véritables fruits et légumes. Vous perdriez la qualité, le goût, la beauté... Cela serait d'un ennuyeux pour nos papilles.
La plupart des éxperimentations ne seront plus possible ce qui réduira le champ d'action créatif dans la photographie. Adieu développements spéciaux, vieillissements des films, altérations des négatifs, erreurs involontaires produisants des effets très intéressants....
Je suis triste, vraiment. Je ne sais pas si je serais toujours autant excité par la photographie dans quelques (proches) années.
La préparation de cette exposition fût des plus laborieuses, un vrai parcours du combattant, alors que tout aurait été simple il n'y a encore pas si longtemps. Le processus de mutation de la photographie est très avancé. Je sais que dans peu de temps, réaliser cette exposition ne sera même plus possible, puisque les solutions alternatives que j'ai dût trouver auront disparues à leur tour.
Je ne suis pas contre la photographie numérique, mais je crois fortement que l'on devrait réfléchir un peu plus avant de se jetter cors et âme dedans.
Elle devrait rester complémetaire à la photographie traditionnelle, au lieu de la supplanter et de contribuer à sa disparition.
On me pause souvent la question à propos de mes photographies brûlées: "Comment avez vous fais cela, quel logiciel avez vous utilisé??? Cela me fait halluciner. La réponse est des plus simple: le feu!
C'est pour de vrai les mecs.